Dans l’univers de Marine Schneider

Et si les ours n’avaient pas toujours envie d’hiberner ? Hiro, hiver et marshmallows raconte l’exaltation de la découverte, la tristesse de se savoir différent, le plaisir d’une amitié toute neuve. Les illustrations tout en nuances de la bruxelloise Marine Schneider confèrent au livre une atmosphère chaleureuse et intense. Rencontre avec une jeune artiste créative et voyageuse.

 

Marine, ton parcours à l’illustration semble être lié à ton gout du voyage. Peux-tu nous le raconter ?

Je dessine depuis toute petite, et j’ai grandi dans une famille où les histoires avaient une place très importante. Du haut de mes 18 ans, j’ai décidé de partir explorer le monde, seule, et lorsque je suis revenue quelques années plus tard, mes valises étaient remplies de croquis et d’idées de récits. Depuis lors, chaque voyage inspire un nouveau livre (ou plusieurs !), et ces pérégrinations à travers différents continents sont devenues indispensables et indissociables de mon travail d’auteur. Lorsque je voyage, je suis un peu comme un enfant qui a tout à découvrir et je trouve de nouvelles histoires dans les petits recoins cachés.

 

Comment est né Hiro, hiver et marshmallows ?

Surtout de l’envie de faire un livre avec un ours ! Mais, pour être honnête, je ne m’en souviens plus trop. Le personnage d’Hiro m’est venu en premier, et c’est en faisant mes longueurs à la piscine que j’ai rencontré le petit Emile. Dans ma tête, Hiro et Emile se sont rencontrés, et paf, l’histoire est née.  Je ne suis pas du genre à me pencher sur une feuille blanche toute la journée à essayer de faire sortir une histoire de mon crayon, c’est plutôt comme si les histoires s’imposaient à moi d’elles-mêmes.

 

Ta technique est très manuelle. Quels sont tes outils ?

Pour Hiro, hiver et marshmallows, j’ai mélangé plusieurs techniques différentes, pour créer différentes textures et effets. Lorsque l’on regarde les originaux, on se rend compte qu’il y a beaucoup de superpositions. Parfois, les éléments les plus profonds ont même disparus sous plusieurs autres couches, presque comme le travail d’un peintre. Je n’utilise que très peu l’ordinateur, j’aime avoir les mains sales et les doigts remplis de marqueurs, comme les petits écoliers, à la fin de ma journée de travail… : )

 

Ton univers créatif ne se limite pas à l’illustration. Qu’est-ce que cela t’apporte en tant qu’artiste ? 

Si j’avais plusieurs vies, je voudrais tout apprendre – je suis fascinée par la céramique, mais également par le tissu, par le bois, et par ce que chaque nouvelle technique offre comme possibilité. J’ai installé un petit atelier de porcelaine chez ma maman, dans la campagne belge, et j’aime m’y retirer et m’essayer à ce nouveau médium, je trouve que c’est très méditatif. Je n’ai pas beaucoup de technique, alors j’essaye, et je vois ce que ça donne. C’est libérateur et ça inspire mon travail d’illustratrice, et inversement. De même, lors d’une résidence en Islande, il y avait un énorme atelier de menuiserie, et les chutes de bois m’ont inspirées des petits animaux que je me suis mise à tailler… C’est très excitant !

 

Qu’est-ce qui t’inspire ? (artistes ou autre)

Mes voyages, c’est sûr. Et depuis peu, mon fils, encore tout tout petit, qui de ses grands yeux découvre le monde, chaque jour. C’est magique ! Sinon, je suis très inspirée par mes lectures, notamment par Yoko Ogawa, une auteure qui mêle réalisme et magie avec une finesse que je trouve fascinante… Et puis toutes les sagas familiales nordiques !

 

Quels sont tes prochains projets ?

Je travaille actuellement sur une série de petits livres cartonnés en pochoir pour les tout-petits. Je me plonge aussi doucement dans un prochain gros projet avec une autrice bruxelloise – tout ce que je peux dire, c’est qu’il y aura aussi un ours ! Et puis il y a la publication chez Versant Sud de la version française de mes livres norvégiens – « Je suis la Mort », « Je suis la Vie » et « Je suis le Clown » ( Jeg er doden, Jeg er livet et Jeg er Klovnen, publiés chez Magikon).