Dans l’univers de Yannick NorY

Les illustrations de Yannick NorY frappent par leur force graphique et font preuve de son sens évident de la composition. Également graphiste, Yannick crée des images pour la presse, des couvertures de romans, des bandes dessinées et des tatouages. Son premier album pour enfants L’expédition du Mokélé-Mbembé est paru chez Versant Sud jeunesse, dans la collection les Pétoches.

Ton rapport à l’image est pluridisciplinaire : presse, BD, graphisme, tatouage… Que t’apporte cette approche multiple de l’illustration ?

Ces différentes disciplines ont toutes leurs propres médiums et techniques, mais elles m’ont toutes appris à développer une certaine approche de la narration, de la forme, de la couleur, de la mise en page… Quel que soit le domaine, j’aborde toutes mes illustrations un peu de la même façon : en essayant de raconter une histoire avant tout.

En quoi est-ce différent de réaliser un livre pour enfants ?

La grande différence est sans doute la liberté. On peut laisser libre court à son imagination et créer quelque chose de très personnel tant en ce qui concerne le récit que les illustrations. Pour L’expédition du Mokélé-Mbembé, j’ai écrit et dessiné en pensant à moi étant enfant, mais surtout à mon fils qui est né récemment. Je me suis demandé ce que je voulais lui transmettre à travers ce livre ; lui raconter une histoire originale, lui faire découvrir pleins de choses, mais aussi le questionner sur le monde qui l’entoure. Sans oublier de s’amuser, bien sûr !

Quelles sont tes influences et tes références ?

Pour le récit de L’expédition du Mokélé-Mbembé, je me suis beaucoup inspiré du livre Les compagnons du Kon-Tiki d’Eric Hesselberg ainsi que du musée Kon-Tiki à Oslo que j’ai eu la chance de visiter. Cette histoire raconte la quête périlleuse de chercheurs voulant prouver sur le terrain, au péril de leur vie, la véracité de leurs recherches. Dans un autre registre, Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad m’a aussi beaucoup influencé par le cheminement du récit et le contexte du Congo colonial. En ce qui concerne l’image, je m’inspire d’un peu tout ce que je vois, que ce soit dans la peinture, les graffitis, les musées, les films, les voyages… Souvent les inspirations viennent d’où l’on ne s’y attend pas. Plus spécifiquement, j’apprécie beaucoup les photographies anciennes, les estampes japonaises et fouiller les librairies pour découvrir de vieux livres illustrés (comme Macao et Cosmage de Edy-Legrand, l’un de mes favoris) ou d’anciennes images imprimées.

Ta technique se caractérise par un crayonné suivi d’aplats au marqueur de peinture. Comment es-tu venu à cette technique ?

C’est quand j’ai commencé à réaliser des illustrations par couches de couleurs en sérigraphie que j’ai pris goût à ce rendu. J’ai voulu fonctionner de la même façon (sans ligne de contour et avec une ou plusieurs teintes) pour des croquis réalisés à l’extérieur. La solution la plus rapide et la moins contraignante pour moi fut de dessiner avec des marqueurs à base de peinture (plutôt que de transporter en permanence des tubes de peintures, pinceaux, eau, palette…). Comme le résultat m’a tout de suite plu, j’ai continué à utiliser cette technique tout en la mixant parfois à d’autres (crayons, tampons, gouache…).

As-tu d’autres projets d’illustration (ou autres) ?

Je viens de réaliser le « concept illustré » du dernier numéro de la revue belge 24h01 et de finir la couverture de L’île au fantôme de Camille Brissot chez Rageot. En ce moment, je réalise des illustrations pour une belle collection de cartes postales éditée par CFC-Editions. Côté tatouage, je participe à l’exposition collective Sneaky Roosters Tattoo Club dans la galerie Le Fugitif à Paris jusqu’au 14 Novembre. Je participerai aussi bientôt à l’exposition TEAM/UP Édition Polystyrène + Les Morveux avec mon collectif de microédition bruxellois Morvelle & Guacamole/Les Morveux au Projektraum 404 à Brême du 17 novembre au 17 décembre. Je travaille également sur une bande dessinée et un nouveau projet de livre pour enfants qui j’espère, verront bientôt le jour !

Dans la presse : L’expédition du Mokélé-Mbembé était dans les journaux Le Soir et La Libre Belgique.